1. Trois modes de construction du prix
Prix fixe. Le prix de la composante énergie est convenu pour une période et un périmètre contractuels. Il réduit l’exposition à la variation de marché sur les volumes couverts, mais n’assure pas nécessairement un montant de facture fixe : les volumes, taxes, coûts réseau et autres clauses peuvent varier.
Prix indexé Spot. La composante énergie suit un indice de marché défini par le contrat, éventuellement avec une marge et des frais. Le prix moyen pertinent dépend de la consommation aux heures effectivement facturées.
Blocs Base/Peak et complément Spot. Une partie des volumes est achetée ou couverte selon des produits contractuels définis ; le solde est généralement valorisé selon une formule indexée. Il faut préciser les heures couvertes, les volumes, les écarts et les modalités de revente éventuelle.
2. Pourquoi la courbe de charge change la comparaison
Pour une offre entièrement indexée sur des prix horaires, le coût de l’énergie est la somme, sur chaque heure, de la consommation multipliée par le prix de cette heure. Le prix moyen payé n’est donc pas nécessairement la moyenne arithmétique du marché.
Exemple purement illustratif
Une entreprise consomme 40 MWh pendant une période à 50 €/MWh et 60 MWh pendant une autre à 100 €/MWh.
Coût = 40 × 50 + 60 × 100 = 8 000 €
Prix pondéré = 8 000 / 100 = 80 €/MWh
La moyenne simple des deux prix serait de 75 €/MWh : elle sous-estimerait ici le prix de l’énergie consommée.
3. Comment évaluer les blocs et la couverture
La bonne méthode consiste à superposer la courbe de charge et les volumes de blocs selon leur définition contractuelle, puis à calculer la valeur de chaque composante. Des hypothèses explicites doivent préciser la convention Peak, les périodes couvertes, le traitement des excédents et les conditions d’indexation.
Il faut ensuite comparer plusieurs scénarios et non retenir uniquement celui qui aurait été le moins coûteux sur une année passée. Une stratégie peut améliorer la prévisibilité budgétaire tout en renonçant à un éventuel bénéfice lié à une baisse des prix.
4. Les questions à poser avant de signer
- Quelle consommation horaire et quels volumes sont effectivement couverts ?
- Quelle référence de prix est utilisée, avec quelle périodicité et quels frais ?
- Que se passe-t-il si la consommation réelle est supérieure ou inférieure aux blocs ?
- Quels coûts restent variables en dehors de la composante énergie ?
- Comment la stratégie réagit-elle aux scénarios de prix extrêmes ?
À retenir : comparer des contrats revient à comparer des coûts et des risques pour un profil de consommation donné, avec des hypothèses homogènes. Le seul prix Base affiché n’est pas une mesure suffisante du prix final.